
Revue
ACROPOLIS
N°205
Sptembre / Octobre 2008
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Editorial
de
la
revue
N°205
Pour en finir avec l'enfant-roi
ous sommes très fiers en
France de notre système laïque
considéré comme le
garant de toute liberté de pensée
et d’indépendance vis-à-vis des
dogmes.
Cependant, quarante ans après la
révolution des mentalités de mai
68, le retour du balancier nous met
face aux limites d’un système qui a
voulu placer l’élève au centre d’un
système caractérisé par l’utopie et
parfois par l’indigence des pensées
remplacées par des connaissances
techniques. Éduquer ce n’est pas d’abord
apporter des connaissances intellectuelles
ou techniques. C’est
avant tout faire sortir des individus
le meilleur d’eux-mêmes pour qu’ils
puissent le partager avec d’autres.
Éduquer n’est pas plaquer un programme.
Une des étymologies latine d’éduquer
(educere) nous rappelle
qu’elle veut dire «extraire» de
l’homme sa nature profonde et la
riche somme d’expériences qu’il a
pu accumuler à travers le temps ; et
une fois extraite, la mettre en pratique
pour mieux vivre.
Aujourd’hui nous manquons de
méthodes pour extraire ce qui se
cache dans les profondeurs de nos
jeunes élèves. Nous nous sommes
terriblement éloignés de la préconisation
socratique d’accompagner
chaque individu à naître à soi.
Le pédiatre Aldo Naouri nous rappelle
dans son dernier ouvrage (1)
que «quand nos enfants déraillent,
il faut se poser les vraies questions.
Les questions sociales n’expliquent
pas tout. Et l’amour ne suffit pas !
Et si la cause du mal résidait dans un
déficit de réflexion sur ce que doit être l’éducation de nos enfants ?»
La vie en société exige en effet de
chacun qu’il se plie à un certain
nombre de règles et qu’il les fasse
siennes. C’est le principe de toute éducation dont aujourd’hui, on
s’est singulièrement écarté.
En effet, comme l’avait déjà constaté le philosophe Platon, c’est
l’éducation et la justice qui sont les
fondements de l’État. Pour qu’il y
ait justice, il faut des règles justes
qui servent l’intérêt général. Ce
sont elles qui apportent le droit
moral et celui d’exiger dans l’éducation,
celle-ci commençant par
apprendre à maîtriser en nous nos
pulsions, à les gérer plutôt qu’à les
réprimer. C’est à travers des valeurs
de dépassement de soi que nous
pouvons faire face à l’adversité.
C’est ce type d’éducation qui
apporte chez les individus la conviction
qu’ils peuvent progresser et
avancer dans la vie. Même les plus
importantes des connaissances
deviennent stériles si l’individu
n’est pas capable de se prendre en
main par lui-même dans son engagement
dans la vie.
J’en profite pour saluer tous ceux
qui, dans ce beau pays qu’est la
France, se battent courageusement
en général dans l’anonymat, pour
apporter une éducation juste aux
nouvelles générations et assurer
ainsi le renouveau de ce pays.
Bonne rentrée !
Fernand Schwarz
Président de la Fédération Française Des Nouvelle Acropole
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Droits
réservés
à
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Article
parut
dans
la
revue
Acropolis
édité
par
Nouvelle
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